CHRONIQUE. Ancien ambassadeur de France en Israël et aux États-Unis, Gérard Araud déplore que les relations franco-algériennes soient instrumentalisées pour des raisons de politique intérieure, à Alger comme à Paris.
Rien de plus dangereux en politique étrangère que les passions. Elles occultent les intérêts, enveniment les contentieux et interdisent les compromis. On ne calcule plus ; on s’enflamme. On ne négocie plus, on s’invective. Tout devient simple : c’est la victoire ou l’humiliation. Un accord devient impossible.
Nos relations avec l’Algérie en sont régulièrement une illustration. L’histoire et la géographie humaine et physique qui les rendent inévitablement intenses offrent aux émotions un champ particulièrement fertile. En effet, d’un côté, le régime algérien trouve dans la France le bouc émissaire dont il a besoin pour faire oublier son autoritarisme et pour se donner la légitimité dont il manque à coups de rappels incessants de la guerre d’Indépendance ; de l’autre, à Paris, …
